L’histoire de Corentin

Réplique de l’Aimable Irma, lougre de cabotage de 33 pieds de quille datant du XIXe siècle, sur la base d’un plan retrouvé à Arcachon dans les archives du chantier Baudens.

Corentin a été réalisé dans le cadre des fêtes maritimes de Brest 1992.

Construit en 1990-91 à Quimper, allée de Locmaria, chantier naval de Saint-Guénolé Penmarch (Canevet, Henaff et Quillivic).

  • Longueur hors tout : 32m
  • Longueur de la coque : 18m / largeur: 5m
  • Tirant d’eau : 2,10m
  • Déplacement : 75 tonnes
  • Gréement : trois mats de lougre
  • Voilure : 266m

Historique

 

Le 24 juin 1991 : lancement à l’ancienne devant 35.000 personnes.

Basé à Concarneau, navigue actuellement (2014) dans le cadre N.U.C. (Navire d’Utilisation Collective)

On doit la naissance du lougre de l’Odet au concours lancé par la revue Chasse-Marée  sur le thème « Bateaux des côtes de France » à l’occasion de l’édition de 1992 des Fêtes Maritimes de Brest.

Aussitôt, c’est avec passion que la ville de Quimper se lance dans l’aventure. La figure du lougre, adaptation française du terme anglais lugger,  s’impose alors d’elle-même tant ces caboteurs remarquables ont marqué la navigation du XIXe siècle et fréquenté assidûment le port de Quimper en remontant l’Odet, les cales chargées de victuailles, de bois ou de charbon.

En effet, ces lougres sont les fiers descendants des « trois-mâts bretons » de jadis, longs bâtiments de guerre ou de contrebande allant de 15 à 25m, légers et surtout puissamment voilés, réputés pour leur rapidité le long des côtes de la Manche.

Une association visant à porter le projet de construction du navire quimpérois candidat au concours est donc créée le 7 octobre 1989 avec pour président Michel Bellion, qui récolte des fonds avec la complicité d’Eric Tabarly. De fait, le budget total de la construction de Corentin s’élève à 700 000 €, soit 4 690 000 de francs à l’époque. Cette somme importante n’est cependant pas pour décourager les bénévoles et les amoureux de la mer qui affluent toujours plus nombreux pour adhérer à l’association du Lougre de l’Odet : le 2000e adhérent entre d’ailleurs dans la légende puisqu’il porte le fameux nom de Corentin, dont le bateau a lui-même hérité en référence au prénom du saint patron de la ville de Quimper.

Parmi les partenaires actifs de Corentin,  nous pouvons d’ailleurs mentionner la Ville de Quimper, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Quimper Cornouaille, ainsi que le Crédit Agricole, un mécène fidèle depuis le départ du projet. Des subventions proviennent également de la région Bretagne, du Conseil Général du Finistère, mais aussi de la CAF.

Après la récolte des subventions, la construction fut alors confiée au chantier naval de Saint-Guénolé, et Jean-Pierre Philippe du musée du bateau de Douarnenez fut délégué pour suivre les travaux, sous le regard bienveillant de Bernard Poignant, alors maire de Quimper,  qui déclara que Corentin incarnait véritablement « un élément de la reconquête de l’Odet ».

C’est cependant à Arcachon que furent dénichées les plans du lougre de 1840 ayant appartenu au sieur Baudens, L’Aimable-Irma, ainsi que ceux d’un autre navire célèbre, le Landais, qui fournit le tableau arrière classique à l’origine de celui de Corentin. On retrouva également le dossier de construction d’un lougre lancé à Bayonne en 1831 pour un armateur de Cornouaille, comprenant la description complète de la charpente, ainsi que les dimensions de toutes les pièces, auxquelles vînt s’ajouter un lot de plans trouvés au musée de Douarnenez.

Ces différents matériaux furent alors compilés et harmonisés sous la houlette des architectes François Vivier et Dominique Presles, choisi pour effectuer la synthèse des plans aux côtés de François Renaud en charge de la maquette.

 

Les suites de l’aventure

C’est alors qu’arriva le moment tant attendu de l’édition de Brest 1992, au cours de laquelle Corentin remporta la seconde place du classement général et la première place dans la catégorie « voilure ».

Ainsi, si son port d’attache reste Quimper, les départs pour la navigation en période estivale se firent au départ de Bénodet jusqu’en 1998, date à partir de laquelle Corentin fut amarré à Concarneau, comme c’est toujours le cas aujourd’hui.

Il hiverne par la suite à Quimper, puis participe aux illuminations de fin d’année du Cap Horn, le quartier où sont situées les cabanes et le bateau, depuis les années 2000.

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