Les lougres

Un lougre est un bateau à plusieurs mats gréés au tiers

Sources : wikipedia.fr, larousse.fr, corsaires-et-pirates-calaisiens.e-monsite.com, dossiersmarine5.org

Petit bâtiment ponté, long de 14 à 25 m (selon les sources). Très utilisé du XVIII ème au début du XXéme, généralement gréé en trois mâts à pible (c’est à dire d’une seule pièce), inclinés vers l’arrière. Les voiles sont grées au tiers. Fin à l’arrière, il est renflé par l’avant. Il est principalement utilisé sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche

Mâts et voiles : mât de misaine (ou mâtré), très avancé (attention au faux amis en anglais), grand mât à peu près au milieu du bateau (portant le taille vent) et artimont (portant le tape cul). Le foc est gréé sur un long bout dehors, l’écoute du tape cul fait retour par la queue de malet. Peuvent parfois s’ajouter des huniers volants voir des perroquets. Le Lougre, très toilé, est parfois délicat à manoeuvrer par temps venteux.

Dans une bouteille: maquette de Corentin avec son gréement de Lougre

Usages :

Marine de guerre française et anglaise : légers et fin, souvent bordés à clin, généreusement toilés. Rôle d’éclaireur des escadres ou de surveillance côtière. Souvent affrété par la Royal Navy, un seul fut construit pour elle.

Contrebande : lougre-smugler, comme les appellent les anglais, smogleur en français. Grayhound, basé en Cornouaille britanique et avec lequel le Corentin est jumelé est un ancien lougre de contrebande.

Pêche : assez trapus, ils ne possèdent pas de bout dehors.”Elisa”, bateau de pêche calaisien, navigue sur nos côtes. Au XIXème, La Louise, à Camaret, est affrétée par M. Provost pour ramener à Brest la langouste pêchée sur les côtes du portugal . En Bretagne nord, ce terme désigne de petits caseyeurs, avec un foc sur un long bout dehors; on en compte 400 dans le quartier de Paimpol en 1860, il y en a encore à Loquirec en 1910

Course : on compte parmi les lougre affectés à cet usage “Le Renard”, de Tom Souville, corsaire calaisien (bateau utilisé par les corsaires depuis la fin du XVII éme ?). A ne pas confondre avec le renard de Surcouf dont la réplique court l’Anglais et le Hollandais depuis le port de Saint-Malo.

Cabotage et commerce : apparus fin XVIII ème, de forme plus large et pourvus d’une vaste cale. Les bordées du bouchain sont particulièrement renforcées pour permettre l’échouage. Les Lougres de Quimper étaient surnommés “les trois mâts fous” car leurs équipages, bien que réduits (3 ou 4 hommes), ne manquaient pas d’audace.Exemple de cargaison : transport de charbon des mines du pays de Galles, de poteaux en bois pour étayer les dites mines, de vin de Bordeaux.

Un lougre décharge sa cargaison à marée basse – Diorama Abri du Marin Sainte Marine

Pendant le second empire, la France importe des matières premières pour l’industrie et exporte ses surplus alimentaires et agricoles (zinc, contre  grain, lin, sel…). Anne et Marie sont deux lougres de cabotage quimpérois. Ces navires, dont l’apogée se situe au milieu du XIXéme siècle ont progressivement été remplacés par les goélettes, les sloop ou les dundee. Ils fréquentent les ports de l’Espagne à la Norvège ainsi que ceux de la Baltique.